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Queer – Une Identité Du Genre Et Une Culture Inclusive

La discrimination liée à l’orientation sexuelle est assez récurrente dans la société et se traduit par des insultes (57%), des micros agressions (53%), le harcèlement sexuel (51%) et surtout l’étiquetage.

C’est dans ces conditions que le terme “queer” est apparu et désignait certaines personnes qui avaient des orientations sexuelles autrefois considérées bizarres.

Aujourd’hui, les personnes concernées se sont appropriés ce terme non pas comme une insulte, mais comme une identité du genre.

Mais explicitement,

  • Que signifie le terme “queer” ?
  • Quelle histoire se cache-t-elle derrière ce terme ?
  • Quelle place occupe le terme dans la société d’aujourd’hui ?

Table des matières

Chapitre 1 : Qu’est-ce que “Queer” ?

Queer est une identité du genre encore appelée genderqueer. Ce chapitre nous amène à la découverte de l’expression de cette identité du genre.

1.1. Quelle est la signification de “Queer” ?

Le terme “queer” est utilisé pour désigner ceux qui rejettent les étiquettes spécifiques d’orientation sexuelle ou d’identité de genre. Il s’agit d’une catégorie de genre qui ne se reconnait ni “femme” ni “homme”.

Les Queers vivent d’une manière qui ne s’accorde pas aux normes homosexuelles ou hétérosexuelles. Ce terme est aussi employé par les personnes qui ne veulent pas s’identifier comme correspondant au genre binaire sans pour autant être plus précises sur la nature de leur genre.

En effet, la société attend de vous à la naissance, certains attitudes et comportement en fonction de votre sexe biologique.

Mais cette attente peut ne pas refléter la façon dont vous vous comportez ou vous vous définissez concrètement, de telles enseignes que les étiquettes de la société pour ce qui est masculin et féminin n’ont pas toujours été acceptables par tout le monde.

1.2. Quel est le symbole du genre ?

Les premières parades de genderqueer ont utilisé le drapeau arc-en-ciel ainsi que de nombreux autres drapeaux. Parmi ceux-ci, on retrouve souvent le drapeau des non binaires, un genre qui est souvent confondu au genre queer.

Mais en 2011, Marilyn Roxie a conçu le Drapeau de la Fierté Queer. Ce drapeau présente un motif de trois bandes placées en horizontale et chacune des bandes représente trois couleurs.

  • Lavande : Représente l’androgynie,
  • Blanc : Représente les identités agender,
  • Vert : Représente les personnes dont l’identité ne correspond pas au binaire.

Source : Seventeen

1.3. Expression du genre Queer

1.3.1.  Expression du genre

L’expression du genre est le comportement ou la manière dont chacun choisit d’exprimer son genre. Elle se traduit par :

  • Le choix de vêtements spécifiques ;
  • L’apparence en générale ;
  • Le comportement envers les autres ;
  • La manière de parler.

En ce qui concerne les personnes Queer, elles expriment leurs genres de toutes sortes.

Source : Timeout

Elles considèrent que le genre est fluide et peut évoluer dans le temps. Ainsi, l’expression du genre dépend de la manière dont une personne comprend son identité à un moment donné.

1.3.2. Les pronoms personnels utilisés par les Queers

Les personnes queer utilisent différents types de pronoms y compris les pronoms sexués; comme il/elle. Les pronoms les plus courants chez les genderqueer sont :

  • Ils/Elles
  • Eux
  • leurs.

Certains préfèrent tout simplement ne pas utiliser les pronoms spécifiques et il est possible de s’adresser à ces derniers en alternant les pronoms.

1.4. Le genderqueer et le genre non binaire : quelle différence ?

Le genderqueer et le genre non binaire sont des genres similaires qui se chevauchent souvent, mais très distincts en réalité.

L’expression non binaire est souvent utilisée comme un fourre-tout par toutes les personnes qui rejettent les genres basés sur le binaire de l’homme et de la femme.

L’identité genderqueer s’inscrit aussi dans cette démarche, mais inclure le sentiment que le genre peut être fluide. Elle est également ouverte à toutes les personnes qui mélangent les genres et restent en dehors de la norme de leurs identités du genre réelle ou perçue.

Chapitre 2 : Queer, d’un terme péjoratif à une identité du genre

Découvrez dans ce chapitre, l’historique du mot “queer” qui était à la base insultant pour la communauté LGBTQ.

2.1. Origine et histoire du terme queer

Queer est un terme générique pour les minorités sexuelles et de genre qui ne sont ni hétérosexuels ni cisgenre.  Étymologiquement, ce terme anglais signifiait “étrange”, “bizarre” ou “excentrique” au 16e siècle. Il peut se référer à quelque chose de suspect, à une personne un peu dérangée ou qui présente un comportement socialement inapproprié.

Il peut aussi indiquer un sentiment de malaise ou quelque chose qui est douteux ou suspect. L’expression “in Queer Street” a été utilisée au Royaume-Uni pour désigner une personne en difficulté financière.

Au moment où l’aventure de Sherlock Holmes “The adventure of the second stain” a été publiée en 1904, le terme a commencé à avoir une connotation de déviance sexuelle, se référant à des hommes ou des efféminés qui se livrent à des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Source : Slate

Une des premières utilisations de ce terme dans ce sens date de 1894 à travers une lettre de John Sholto Douglas, 9ᵉ marquis de Queensberry. Queer revêt définitivement un sens péjoratif dans le 20e siècle pour désigner les hommes efféminés.

Au début du 20e, les personnes ayant des identités sexuelles ou de genre non normatif, dont le poète et l’auteur anglais Radcliffe Hall préfèrent l’identité inverti. Vers le milieu du siècle, cette identité invertie a perdu du terrain pour laisser la place à l’identité homophile.

Dans les années 1960 et 1970, l’identité homophile a été remplacée par une identité gay plus radicalisée, qui à l’époque comprenait des trans et des personnes au genre non conforme.

Pendant qu’on passait d’inverti à homophile et d’homophile à gay, le terme queer a été péjorativement appliqué aux hommes qui étaient soupçonnés de se livrer à des activités sexuelles aussi bien anales qu’orales avec d’autres hommes, mais aussi à ceux qui montrent des expressions de genre non-normatives.

2.2. Comment “Queer” est-il devenir une identité du genre ?

Au cours de ces dernières années, de nombreuses personnes s’efforcent de récupérer le terme “queer” comme identité du genre. Ce mouvement de récupération a commencé dès les années 1980 et s’est popularisé les décennies qui ont suivi.

L’étiquette queer a ainsi abandonné progressivement son sens péjoratif pour devenir une auto-identification neutre ou positive par les LGBT. Un premier exemple de cette utilisation par la communauté LGBT est le nom d’une organisation appelée Queer Nation qui a été créée en mars 1990.

Source : medium

Elle a fait circuler un dépliant anonyme lors de la Gay Pride Parade de New York en juin 1990 intitulé “Queers read this”. Le dépliant comporte un passage qui explique l’adoption de l’étiquette queer. Le passage dit : “Ah, avons-nous vraiment utilisé ce mot ?” Toute personne gay a son propre avis sur la question.

Pour certains, cela signifie étrange, excentrique et quelque peu mystérieux. Pour les autres, le terme évoque des souvenirs terribles de la souffrance de l’adolescence. Eh bien oui, l’étiquette “gay” est vaste.

2.3. Quelles autre identité du genre peut-on aussi compter dans le genderqueer ?

Il existe un grand nombre de catégorie qui rejette également le genre binaire et qui peuvent être classées dans le genderqueer. Il s’agit souvent des catégories non binaires qui se composent de : 

  • Pansexuel :  Elle désigne les personnes dont l’attirance sexuelle, romantique, émotionnelle ou affectueuse envers les autres ne dépend pas de leur sexe ni de leur genre.
  • Genre neutre : Ce terme décrit une personne qui ne souscrit à aucun genre socialement. Les mouvements de neutralité du genre suggèrent que les politiques et les institutions sociales ne tiennent pas compte du genre afin d’éviter les discriminations qui découlent de l’expression du genre.
  • Genre fluide : il désigne une personne qui considère que son genre peut changer tout au long de son existence.
  • Les demisexuels : Les personnes de ce genre développent un fort attachement émotionnel avant d’éprouver une attirance sexuelle. Elles s’identifient généralement au spectre asexuel et changent souvent d’orientation durant leur vie.
  • Androgyne : Il s’agit d’une expression du genre qui combine les caractéristiques masculines et féminines de manières très ambigües. 

Chapitre 3 : Utilisation du terme Queer et son inclusivité

La communauté LGBTQ vise à faciliter l’inclusion de toutes les minorités sexuelles dans la lutte pour la défense de leurs droits. Nous allons découvrir dans ce chapitre comment cette identité à elle seule inclut toutes les autres.

3.1. Qui revendiquent l’identité queer ?

3.1.1. Utilisation du queer comme identité du genre

Les queers, particulièrement de couleur, ont commencé à récupérer ce terme en réponse à un changement perçu dans la communauté gay vers le conservatisme libéral.  Ce mouvement de récupération est suscité par la pièce d’Andrew Sullivan en 1989 dans “The New Republic” intitulé “Here Comes the Groom: The Conservative Case for Gay Marriage”.

L’abréviation emblématique “Q” est depuis très utilisée pour désigner les queers surtout aux États-Unis. 

Source : diversitynursing

Le mouvement queer a rejeté les causes considérées comme assimilationniste, comme le mariage, l’inclusion militaire et l’adoption.

Le terme peut être capitalisé en se référant à une identité ou à une communauté, plutôt qu’un fait objectif décrivant les désirs d’une personne, dans une construction similaire à l’utilisation capitalisée des Sourds.

3.1.2. Utilisation par les militants et les opprimés de l’homonormativité

En raison du contexte dans lequel il a été récupéré, le terme queer a des connotations sociopolitiques.

Il est souvent préféré par les militants qui rejettent fortement les identités de genre traditionnelles ainsi que les identités sexuelles distinctes telles que les gays, les lesbiennes, les bisexuels, les hétérosexuels.

Il est également employé par les personnes qui se sentent opprimés par l’homonormativité de la politique de la communauté “gay” ou “LGBT” au sens large.

Dans cette utilisation, Queer conserve sa connotation historique. Il désignait en effet ceux qui  ne s’accordaient pas sur les normes de la société et peut être interprété comme une entorse aux règles de la sexualité et du genre.

Ce terme peut être préféré en raison de son ambiguïté qui permet aux “queer d’éviter les limites parfois rigides qui sont associées à des étiquettes comme “gay”, “lesbienne”, ou même “transgenre”.

Bien qu’initialement utilisées pour désigner les homosexuels radicaux, des opinions sur ce que le terme queer inclut peuvent varier. Pour certaines personnes, sa non-spécificité est libératrice.

Le fait d’être queer devient ainsi le chemin de la résistance politique contre l’hétéronormativité ainsi que l’homonormativité tout en refusant simultanément de s’engager dans la politique traditionnelle d’identité essentialiste.

3.1.3. Utilisation par les militants intersexes

L’intersexualité décrit les corps qui ne correspondent pas au binaire du genre. Le terme intersexe désigne une personne née avec une anatomie sexuelle qui ne correspond pas aux définitions typiques de la femme et de l’homme.

Les parents et les médecins décident souvent du genre des bébés intersexués et les élèvent selon le genre qu’ils attendent. La plupart du temps, ces enfants reçoivent des hormones ou subissent des chirurgies pour développer les caractères du genre attendus par les parents.

Mais le militantisme pour les personnes intersexuées se développe et remet en cause le choix du sexe par les humains. C’est dans ces conditions que les militants intersexués commencèrent à utiliser le terme queers pour désigner les personnes intersexuées. 

Dans “What Can Queer Theory Do for Intersex ?”, Iain Morland contraste l’activisme hédonique queer avec une expérience de corps intersexués post-chirurgicaux insensés pour prétendre que le fait d’être queer se caractérise par l’interrelation sensorielle du plaisir et de la honte.

Toutefois, des préoccupations ont été soulevées parmi les activistes intersexes selon lesquelles les groupes LGBT ou queer dont eux y compris pourraient donner la fausse impression que tous ou la plupart des intersexués sont lesbiennes, gays, bisexuels, et/ou transgenre.

Une autre préoccupation est que l’addition est seulement cosmétique et que parmi les groupes qui font cela, les objectifs LGBT ont toujours eu la priorité sur ceux des intersexués.

Pire, le terme intersexe a commencé à attirer des personnes qui ne sont pas nécessairement intersexuées, mais qui estiment qu’elles pourraient l’être en étant queer ou trans. Beaucoup d’entre elles ont estimé que le fait d’être intersexuées signifiait une justification sociale et biologique pour être ce qu’elles sont.

Elles se heurtent ainsi avec la majorité des personnes nées dans des conditions intersexuées, qui malgré leur corps intersexués, se sentent comme des hommes ou des femmes hétérosexuels parfaitement ordinaires.

3.2. Queer : un terme inclusive pour la communauté

3.2.1. En quoi le terme queer est-il inclusif ?

Initialement, l’acronyme de la communauté LGBT signifie lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres ou transsexuels. Il aspire à représenter la diversité de l’identité du genre outre l’hétérosexuel.

La lettre “Q” a été finalement intégrée pour représenter les personnes queer ou celles qui s’interrogent sur leur sexualité. Mais les cultures fondées sur l’identité du genre sont très nombreuses et l’acronyme ne les représente pas toutes.

Il attire d’ailleurs de nombreuses critiques pour ne pas être assez inclusif. L’extension de l’acronyme est une manière idéale pour impliquer davantage de personnes de genre différent dans la défense des droits de la communauté.

Ainsi, certaines écrivent l’acronyme au complet (LGBTTQQIAAP) afin d’inclure toutes les identités du genre. L’acronyme au complet se décompose comme suit :

  • Lesbienne,
  • Gay,
  • Bisexuel,
  • Transgenre,
  • Transexuel,
  • Queer,
  • En questionnement,
  • Intersexuel,
  • Asexuel,
  • Allié et pansexuel.

Le problème avec l’acronyme au complet est que certaines personnes peuvent omettre incidemment des lettres, ce qui met en cause l’inclusion tant voulue au sein de la communauté. 

En ce qui concerne le mot “queer”, il englobe de façon précise l’ensemble des identités du genre ainsi que l’expression du genre.  C’est la raison pour laquelle il est préférable d’utiliser simplement le terme “queer”.

3.2.2. Les raisons pour lesquelles les genres utilisent le terme queer

L’utilisation ou l’appropriation du terme “queer” est une décision personnelle. Cependant, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les personnes s’identifient au genderqueer. D’abord, elle regroupe un ensemble plus vaste d’identités et ne risque pas d’écarter certaines d’entre elles.

Par ailleurs, l’ambiguïté de ce genre est attrayante pour d’autres. En effet, elle ne nécessite pas une étiquette spécifique comme gay ou lesbienne.

Source : Outrightvt

Pour certains, le mot “queer” s’avère être un terme générique et unificateur. Il est flexible aux différents types d’attirances au sein de la communauté, notamment les personnes du même genre qui s’attirent ou encore les intersections d’identité. Les gens estiment ce terme pour sa facilité de prononciation et la facilité de se le rappeler.

3.3. Le terme queer est-il bien accueillir par la communauté LGBT ?

Quoi qu’il en soit, de nombreuses organisations, LGBT ou non, refusent d’utiliser ce mot pour de multiples raisons.

Certaines personnes le jugent offensant et moqueur compte tenu de son utilisation continue comme une forme de discours de haine en anglais.

D’autres LGBT ressentent dans l’utilisation du mot queer le radicalisme politique. Enfin, d’autres évitent ce terme parce qu’ils le perçoivent comme un jargon académique.

Chapitre 4 : Comment le terme queer a t-il intégrer la société ?

L’historique du terme “queer” lui a permi de retrouver une place dans plusieurs domaines de la sociétés. Vous découvrez dans ce chapitre, les domaines dans lesquels ce terme s’impose désormais.

4.1. Queer dans le milieu universitaire

4.1.1. Les études queers

Dans le milieu universitaire, le terme queer indique l’étude de la littérature, du discours, des domaines universitaires, ainsi que d’autres domaines sociaux et culturels dans une perspective non-hétéronormative.

Les études queer s’intéressent aux questions relatives à l’orientation sexuelle et l’identité de genre se concentrant généralement sur les personnes et les cultures LGBT.

Centrées à l’origine sur la théorie de l’histoire LGBT, le champ a été élargi pour inclure l’étude académique des questions soulevées dans :

  • La biologie,
  • La sociologie,
  • L’anthropologie,
  • L’histoire de la science,
  • La philosophie,
  • La psychologie,
  • La sexologie,
  • La science politique,
  • L’éthique.

Elle examine l’identité, la vie, l’histoire et la perception des “Queers”. Des organisations telles que l’Irish Archive Queer ont tenté de recueillir et de préserver l’histoire liée aux études.

4.1.2. Les théories queers

La théorie queer est un domaine critique post-structuraliste qui a émergé au début des années 90 sur les domaines des études queer et les études féminines. Les applications de la théorie queer comprennent la théologie et la pédagogie.

Certains théoriciens queer ont critiqué le mouvement politique gay en général comme un allié à l’ordre néolibéral et impérialiste. Il s’agit de :

  • Rod Ferguson,
  • Jasbir Puar,
  • Lisa Duggan,
  • Chong-suk Han.

Puar, un théoricien queer de couleur, a inventé le terme homonationalisme, qui se réfère à l’augmentation de l’exceptionnalisme américain, du nationalisme, de la suprématie blanche et du patriarcat au sein de la communauté gay en réponse aux attaques du 11 septembre.

4.2. Queer dans le domaine artistique

Dans ce domaine, l’étiquette queer désigne les mouvements artistiques, notamment dans le cinéma. Le New Queer Cinema était un mouvement sur le thème du cinéma indépendant au début des années 90.

Les festivals de cinéma queer comprennent le Melbourne Queer Film Festival et le Mardi Gars Film Festival organisés par Queer Screen en Australie.

Il y a aussi le Queer Film Festival de Mumbai en Inde, le Festival du Film asiatique Queer au Japon, et Queersicht en Suisse. Le réalisateur chinois Cui Zi’en a intitulé son documentaire de 2008 sur l’homosexualité en Chine Queer China, dont la première s’est déroulée au Beijing Queer Film Festival 2009 après des tentatives bloquées par le gouvernement.

Source : Media-exp1

Les festivals artistiques multidisciplinaires queer comprennent le Outburst QueerArts festival de Belfast en Irlande du Nord, le Festival des Arts Queer au Canada, et le National Queer Arts Festival aux États-Unis.

Les émissions de télévision qui utilisent le terme sont la série britannique Queer as Folk et son remake américain-canadien du même nom. Sinon, il y a aussi Queer Eye, et le dessin animé Queer Duck.

4.3. Queer dans la politique

Plusieurs mouvements sociaux LGBT à travers le monde utilisent le terme comme identifiant à l’image de l’association “Queer Cyprus Association” et le “Queer Youth Network” au Royaume-Uni.

En Inde, parmi les défilés de fierté on a la Queer Azaadi Mumbai et de la Delhi Queer Pride Parade. L’utilisation de queer et Q est également très répandue en Australie, y compris par les services de conseil et de soutien national Qlife et Q News.

D’autres mouvements sociaux existent. C’est le cas des adeptes du nationalisme queer qui soutiennent l’idée que la communauté LGBT forme un peuple distinct en raison de leur culture et de leurs coutumes uniques.

Queercore (à l’origine homocore) est un mouvement culturel et social qui a commencé au milieu des années 80 dans un style do-it-yourself à travers la musique, l’écriture, l’art et le cinéma.

Source : guim

L’expression migration queer a été souvent utilisée pour décrire le mouvement des LGBTQ dans le monde pour échapper à la discrimination ou aux mauvais traitements en raison de leur orientation sexuelle ou de leur expression de genre. Des organisations telles que la Iranian Railroad for Queer Refugees tentent justement d’aider les personnes dans cette situation.

Chapitre 5 : La promotion des queers

De nombreux magazines émergents encouragent la visibilité des identités sexuelles minoritaires contrairement aux magazines d’antan qui remplissent leurs pages des personnes hétérosexuelles qui se conforment aux normes de la société.

Ces magazines moins connus font progresser l’égalité du genre en mettant en valeur la communauté queer d’une manière dynamique et authentique. Nous abordons dans ce chapitre ces magazines qui travaillent pour la promotion de genderqueer.

5.1. Posture, magazine pour créatifs talentueux queers

Posture est un magazine à la fois numérique et imprimé qui met en lumière les personnes remarquables de la communauté LGBTQ. Il est lancé en 2013 sous forme de blog par Winter Mendelson pour combler l’absence de médias pour soutenir les identités moins représentées.

Source : fashionista

Ce magazine a conquis rapidement son public et défend activement les voix des femmes, les personnes de couleur et les créateurs LGBTQA+. Il organise des évènements et dispose d’un studio de création pour la production de podcast.

Source : indie-mag

Posture donne la voix aux créateurs indépendants à travers des interviews et soutient les mouvements des modes qui manquent de visibilité. Le magazine cherche à augmenter son financement afin de combler le manque de récits sur les expériences des personnes non binaires.

5.2. DRØME, magazine de promotions des artistes queers et de la mode queer

DRØME est un magazine lancé en 2015 pour offrir un espace de travail aux jeunes artistes qui ne se conforment pas à l’attente de la société quant à l’expression de leur genre. Les fondateurs de ce magazine notamment Caroline D’Arcy Gorman et Satchel Lee le décrivent comme un “magazine en ligne et imprimé à positionnement queer”.

indie-mag

DRØME vise à renforcer la promotion des artistes queers face à leur absence remarquable dans les médias grand public. Il valorise la mode de la communauté queer en travaillant en collaboration avec des créateurs talentueux afin de remettre en cause le binaire des genres.

Le magazine produit à cet effet des défilés à la Fashion Week de New York et organise des évènements pour sa communauté. Il dispose d’une marque de vêtement et produit également des podcasts ainsi que des vidéos.

5.3. Cokeboy, magazines pour partager des histoires de la communauté genderqueer

Ce magazine est lancé en 2015 également et tire son nom du film Clueless. En effet, un gay avait été traité dans ce film de Cokeboy et le créateur de ce magazine, Sean Santiago a choisi ce nom pour raconter des histoires convaincantes sur la communauté queer.

Source : indie-mag

Les personnes queer ne se présentaient pas d’une manière authentique et originale. Sean Santiago tente de corriger cet état de choses en explorant l’identité queer selon la variété des points de vue et des perspectives.

Cokeboy est disponible en ligne ainsi qu’en papier et reste fidèle à sa noble mission, celle de redéfinir les termes archaïques des identités de la communauté LGBTQ.

Des articles sont régulièrement publiés sur le site du magazine et un nouveau numéro sort chaque automne et printemps. Le magazine s’intéresse à la mode, à la photographie et à l’actualité des personnalités de la communauté LGBTQ.

Pour ceux qui n’ont pas eu le courage de lire tout cet article, voici quelques vidéos sur le sujet :

https://youtu.be/Qus5TsU7Vuk

Conclusion

En sommes, queer est une identité du genre qui s’oppose à la bipolarisation du sexe. Les personnes queers refusent les étiquettes du genre basées sur l’orientation sexuelle et s’identifient avec fierté au genderqueer. 

Cette minorité sexuelle a intégré la communauté LGBTQ et se présente comme un genre inclusif pour toute la communauté. Le genderqueer se généralise et se représente de plus en plus dans les domaines dans les domaines artistiques, culturels et de la mode.

Il obtient également davantage de visibilité grâce aux magazines qui font la promotion de la culture queer pour compenser son absence dans les médias.