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Bud-sex : définition, masculinité rurale et rapports entre hommes hétérosexuels

Le mot bud-sex peut surprendre. Il désigne un phénomène étudié par le sociologue Tony Silva : des hommes ruraux, blancs, américains, s’identifiant comme hétérosexuels, mais ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.

Le sujet est délicat, parce qu’il bouscule les catégories habituelles. Dans beaucoup de conversations, on suppose qu’un homme qui a des rapports avec des hommes est forcément gay ou bisexuel. L’étude de Silva montre quelque chose de plus complexe : certains hommes peuvent avoir des pratiques sexuelles avec des hommes tout en maintenant une identité hétérosexuelle et une image de masculinité traditionnelle.

Cela ne veut pas dire que ces hommes ont “raison” ou “tort” de se définir ainsi. Cela veut dire que l’identité sexuelle ne se réduit pas toujours au comportement sexuel.

Le bud-sex est donc intéressant parce qu’il oblige à poser plusieurs questions :

  • Que fait une personne ?
  • Par qui est-elle attirée ?
  • Comment se définit-elle ?
  • Dans quel contexte social vit-elle ?
  • Quels mots refuse-t-elle ou accepte-t-elle ?
  • Comment la masculinité influence-t-elle son rapport au désir ?

Cet article explique la définition du bud-sex, l’étude de Tony Silva, le lien avec la masculinité rurale, la différence avec bisexualité et hétéroflexibilité, et les précautions à prendre pour parler de ce sujet sans stigmatiser.

Qu’est-ce que le bud-sex ?

Le bud-sex désigne, dans les travaux de Tony Silva, des rapports sexuels entre hommes que certains hommes ruraux s’identifiant comme hétérosexuels interprètent comme compatibles avec leur masculinité et leur identité hétérosexuelle.

Le terme ne décrit donc pas seulement un acte sexuel. Il décrit aussi une manière de donner du sens à cet acte.

Dans l’étude de Silva, les participants ne se définissent pas comme gays ou bisexuels. Ils se présentent comme des hommes hétérosexuels, souvent attachés à une masculinité rurale, discrète, autonome et traditionnelle. Pourtant, ils ont des rapports sexuels avec d’autres hommes. L’étude publiée dans Gender & Society repose sur des entretiens semi-directifs avec 19 hommes blancs, ruraux, s’identifiant comme hétérosexuels et ayant des rapports sexuels avec des hommes. (Sage Journals)

L’intérêt du concept est de montrer que les pratiques sexuelles, les attirances et les identités ne s’alignent pas toujours de manière simple.

D’où vient le concept de bud-sex ?

Le concept de bud-sex vient des travaux de Tony Silva sur les hommes ruraux américains qui s’identifient comme hétérosexuels tout en ayant des rapports avec des hommes.

Le mot “bud” évoque l’idée de copain, pote, camarade ou “buddy”. Dans ce contexte, il renvoie à une sexualité entre hommes qui peut être interprétée par certains participants comme une pratique entre hommes masculins, discrets, semblables, sans identification gay.

Ce point est central : dans l’analyse de Silva, le bud-sex n’est pas seulement une question de désir. C’est aussi une question de masculinité, de classe sociale, de ruralité, de discrétion, de normes hétérosexuelles et de rejet des codes gays visibles.

Autrement dit, certains hommes peuvent interpréter le sexe avec d’autres hommes non pas comme une contradiction de leur hétérosexualité, mais comme une pratique séparée de leur identité publique.

C’est précisément cette séparation qui intéresse les sociologues.

L’étude de Tony Silva : 19 hommes ruraux hétérosexuels

L’étude de Tony Silva est importante, mais elle doit être bien comprise.

Elle ne dit pas que “tous les hommes ruraux hétérosexuels” ont des rapports avec des hommes. Elle ne dit pas non plus que tous les hommes hétérosexuels seraient secrètement attirés par les hommes.

Elle analyse un groupe très spécifique : 19 hommes blancs, ruraux, s’identifiant comme hétérosexuels, ayant des rapports sexuels avec des hommes. Cette méthode qualitative permet d’étudier leurs récits, leurs justifications et leurs représentations, mais elle ne permet pas de généraliser statistiquement à toute une population. (Sage Journals)

Ce que l’étude cherche à comprendre, c’est comment ces hommes construisent du sens autour de leurs pratiques.

Ils ne se décrivent pas nécessairement comme gays ou bisexuels. Ils peuvent considérer que leurs rapports avec des hommes relèvent :

  • du besoin sexuel ;
  • de la discrétion ;
  • de la disponibilité ;
  • de la masculinité partagée ;
  • de la camaraderie ;
  • de l’absence d’engagement romantique ;
  • d’une séparation entre sexe et identité.

C’est cette logique qui rend le bud-sex sociologiquement intéressant.

Pratique, attirance, fantasme, identité : quatre niveaux à distinguer

Pour parler du bud-sex correctement, il faut distinguer quatre niveaux souvent confondus.

NiveauExemplePourquoi c’est important
PratiqueAvoir un rapport sexuel avec un hommeCe qu’une personne fait
AttiranceÊtre attiré par certains hommesCe qu’une personne ressent
FantasmeImaginer une scène ou une expérienceCe qui peut exciter sans forcément être vécu
IdentitéSe dire hétéro, bi, gay, queer ou autreLe mot qu’une personne choisit pour elle-même

Un comportement ne suffit pas toujours à définir une identité.

Un homme peut avoir une pratique sexuelle avec un homme et continuer à se définir comme hétérosexuel. Un autre peut n’avoir jamais eu d’expérience sexuelle avec un homme, mais se sentir attiré par les hommes et se définir comme bisexuel ou gay. Un autre encore peut avoir des fantasmes sans vouloir les vivre.

Dans le bud-sex, cette distinction est essentielle : l’étude porte justement sur des hommes dont les pratiques sexuelles ne correspondent pas aux attentes habituelles liées à leur identité déclarée.

Masculinité rurale normative : pourquoi le contexte compte

Le bud-sex ne peut pas être compris sans parler de masculinité rurale.

Dans l’étude de Silva, les participants évoluent dans des contextes où certaines normes masculines peuvent être fortement valorisées : autonomie, discrétion, dureté, absence d’émotivité publique, rejet de la féminité, attachement au travail manuel ou rural, et distance vis-à-vis des identités LGBTQ+ visibles.

Il ne s’agit pas de dire que tous les milieux ruraux fonctionnent de la même manière. Il ne s’agit pas non plus de présenter la ruralité comme automatiquement homophobe ou figée.

L’idée est plus précise : dans certains contextes ruraux américains étudiés par Silva, des normes de virilité, d’hétérosexualité et de discrétion peuvent influencer la manière dont certains hommes interprètent leurs rapports avec d’autres hommes. (Sage Journals)

Pour ces hommes, le problème n’est pas forcément d’avoir un rapport sexuel avec un homme. Le problème serait plutôt d’être associé à une identité gay, à une féminité perçue, à une visibilité queer ou à une perte de statut masculin.

C’est là que le concept devient sociologique : il montre comment une pratique non normative peut être réinterprétée pour rester compatible avec une masculinité normative.

Comment ces hommes maintiennent une identité hétérosexuelle

L’un des points les plus intéressants de l’étude est la manière dont certains participants maintiennent une identité hétérosexuelle malgré des rapports sexuels avec des hommes.

Ils peuvent le faire en séparant plusieurs dimensions :

  • le sexe et l’amour ;
  • le comportement et l’identité ;
  • le désir physique et l’attirance romantique ;
  • la pratique privée et l’image publique ;
  • les partenaires masculins discrets et les identités gays visibles.

Certains peuvent considérer que leurs rapports avec des hommes ne “comptent pas” comme une orientation gay ou bi parce qu’ils ne s’accompagnent pas de romance, de vie de couple, de coming out, de sociabilité LGBTQ+ ou d’identification communautaire.

Cette logique peut sembler contradictoire vue de l’extérieur. Mais l’objectif de l’analyse sociologique n’est pas d’approuver ou de condamner. Il s’agit de comprendre comment ces hommes organisent leur récit pour préserver une cohérence identitaire.

Le choix du partenaire : masculinité, discrétion et ressemblance

Dans le bud-sex, le choix du partenaire semble souvent lié à des critères de masculinité et de discrétion.

Les hommes étudiés par Silva ne cherchent pas forcément des partenaires associés à une identité gay visible. Ils peuvent préférer des hommes qu’ils perçoivent comme semblables à eux : masculins, discrets, ruraux, hétéro-identifiés ou peu intéressés par une vie gay publique.

Cela permet de maintenir l’idée que la relation n’appartient pas au monde gay, mais à une forme de sexualité masculine privée, entre hommes “comme eux”.

Cette logique peut aussi révéler une forme de rejet ou de hiérarchisation : certains hommes peuvent dévaloriser les hommes gays visibles, féminins ou communautaires, tout en recherchant des rapports sexuels avec des hommes.

C’est un point important : parler de bud-sex ne signifie pas romantiser ces pratiques. Le concept permet aussi de voir comment certaines normes de masculinité peuvent reproduire de la stigmatisation envers les hommes gays, bi, efféminés ou queer.

Bud-sex, hétéroflexibilité ou bisexualité : quelles différences ?

Le bud-sex est parfois rapproché de l’hétéroflexibilité ou de la bisexualité, mais ces termes ne désignent pas exactement la même chose.

TermeDéfinition simplePoint clé
Bud-sexRapports entre hommes dans un cadre étudié chez des hommes ruraux straight-identifiedConcept sociologique lié à masculinité, ruralité et identité
HétéroflexibilitéHétérosexualité dominante avec ouverture à certaines expériences avec le même sexeTerme souvent lié à l’expérimentation
BisexualitéAttirance pour plus d’un genrePeut inclure des préférences ou asymétries
HSH / MSMHommes ayant des rapports sexuels avec des hommesCatégorie comportementale, souvent utilisée en santé publique
GayAttirance principalement ou exclusivement envers les hommesIdentité sexuelle et parfois communautaire

Certaines personnes pourraient analyser le bud-sex comme une forme de bisexualité ou d’hétéroflexibilité. Mais dans l’étude de Silva, l’intérêt est justement que les participants ne se définissent pas ainsi.

C’est là toute la complexité : un observateur extérieur peut voir une pratique homosexuelle ou bisexuelle, tandis que les participants la décrivent comme compatible avec leur hétérosexualité.

Le rejet des codes gays visibles : ce que cela révèle

Le bud-sex met en lumière un phénomène fréquent : certains hommes peuvent désirer des rapports avec des hommes tout en rejetant les identités, les codes ou les communautés gays.

Ce rejet peut prendre plusieurs formes :

  • refus du mot gay ;
  • refus du mot bisexuel ;
  • rejet de la féminité ;
  • valorisation exclusive de la masculinité ;
  • peur d’être vu comme LGBTQ+ ;
  • recherche de partenaires discrets ;
  • séparation stricte entre sexe privé et identité sociale.

Cela peut être lié à la peur, à la honte, à l’environnement social, à la stigmatisation ou à une conception très rigide de la masculinité.

Mais il faut être prudent : tous les hommes qui refusent une étiquette ne le font pas pour manipuler ou mépriser. Certains cherchent simplement à préserver une identité qui leur semble vraie. D’autres sont en conflit avec eux-mêmes. D’autres encore n’ont pas accès à un langage plus nuancé.

Le rôle d’un bon article n’est pas de forcer une conclusion, mais d’expliquer les tensions.

Intimité sans romance : amitié, complicité et sexualité

L’un des aspects particuliers du bud-sex est la possibilité d’une intimité sexuelle sans romance déclarée.

Dans certains récits, les rapports avec des hommes peuvent être vécus comme :

  • moins engageants émotionnellement ;
  • plus discrets ;
  • plus disponibles ;
  • séparés de la vie familiale ou conjugale ;
  • compatibles avec une camaraderie masculine ;
  • éloignés d’une identité LGBTQ+ visible.

Cette séparation entre sexe et romance est importante. Elle explique pourquoi certains hommes ne se perçoivent pas comme gays ou bisexuels : ils peuvent ne pas imaginer de relation amoureuse avec un homme, même s’ils ont des rapports sexuels avec des hommes.

Cela ne veut pas dire que leur pratique est “sans signification”. Cela veut dire que la signification qu’ils lui donnent n’est pas forcément celle attendue par les catégories habituelles.

Peut-on dire que ces hommes sont gays ou bisexuels ?

C’est la question la plus sensible.

D’un point de vue comportemental, ces hommes sont des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. En santé publique, on parlerait souvent de HSH, ou MSM en anglais. Cette catégorie décrit un comportement, pas une identité.

D’un point de vue identitaire, dans l’étude de Silva, les participants se disent hétérosexuels. Les appeler gays ou bisexuels contre leur gré effacerait leur auto-identification.

D’un point de vue analytique, certaines personnes peuvent considérer que ces pratiques relèvent d’une bisexualité comportementale ou d’une hétéroflexibilité. Mais cela ne signifie pas que les hommes concernés adoptent ces mots.

La réponse la plus rigoureuse est donc :

Le bud-sex montre que comportement sexuel et identité sexuelle ne coïncident pas toujours. On peut analyser ces pratiques comme des rapports entre hommes, mais il faut rester prudent avant d’imposer une identité gay ou bisexuelle aux hommes concernés.

Santé sexuelle, consentement et discrétion

Le bud-sex concerne des rapports sexuels entre hommes, parfois vécus dans la discrétion, hors des espaces LGBTQ+ visibles. Cette discrétion peut rendre la prévention plus difficile si les personnes concernées ne se sentent pas à l’aise pour parler de leurs pratiques à un médecin, à un centre de santé sexuelle ou à un partenaire.

Il est donc important de rappeler quelques principes simples.

Consentement

Le consentement doit toujours être clair, libre et réversible.
Aucune discrétion, curiosité ou ambiguïté identitaire ne justifie la pression, le mensonge ou la contrainte.

Prévention

Les rapports sexuels entre hommes peuvent exposer au VIH et à d’autres IST selon les pratiques, les protections utilisées, le dépistage et le contexte. Les outils de prévention incluent notamment les préservatifs, le dépistage, la PrEP, le TPE/PEP, le traitement du VIH et le dialogue avec les partenaires. Le CDC rappelle que la PrEP réduit le risque de VIH lorsqu’elle est prise comme prescrite, mais qu’elle ne protège pas contre les autres IST, pour lesquelles les préservatifs peuvent contribuer à la prévention. (CDC)

Dépistage et dialogue

Santé publique France indique que l’enquête ERAS 2023 sert à adapter les discours et offres de prévention aux besoins des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Cette approche rappelle qu’il est important de parler des pratiques réelles, et pas seulement des identités déclarées. (Santé publique France)

L’objectif n’est pas de réduire les hommes concernés à un “risque”. L’objectif est de permettre une prévention adaptée, sans honte, sans jugement et sans invisibilisation.

Les limites de l’étude

L’étude de Tony Silva est précieuse, mais elle a des limites importantes.

Elle repose sur :

  • un petit échantillon ;
  • 19 participants ;
  • des hommes blancs ;
  • des hommes ruraux ;
  • des hommes américains ;
  • des hommes s’identifiant comme hétérosexuels ;
  • une méthode qualitative par entretiens.

Cela signifie que l’étude permet de comprendre des récits et des logiques sociales, mais pas de mesurer la fréquence du phénomène dans toute la population.

Elle ne permet pas de dire :

  • combien d’hommes hétérosexuels ont des rapports avec des hommes ;
  • si le phénomène est identique en France ;
  • si tous les milieux ruraux fonctionnent de la même manière ;
  • si tous les hommes concernés partagent les mêmes motivations ;
  • si ces pratiques sont stables ou évolutives dans le temps.

Une bonne lecture consiste donc à dire : cette étude éclaire un phénomène réel et peu discuté, mais elle ne doit pas être transformée en généralisation excessive.

Pourquoi le bud-sex reste un sujet important

Le bud-sex est important parce qu’il oblige à sortir des catégories trop simples.

Il montre que :

  • les pratiques sexuelles ne déterminent pas toujours l’identité ;
  • la masculinité influence la manière dont les hommes interprètent leur désir ;
  • certains hommes peuvent avoir des rapports avec des hommes sans se sentir LGBTQ+ ;
  • la ruralité peut jouer un rôle dans la discrétion et l’auto-présentation ;
  • la prévention sexuelle doit s’adresser aux pratiques réelles, pas seulement aux étiquettes ;
  • les identités ne sont pas toujours vécues comme les observateurs extérieurs les imaginent.

Le sujet est aussi important pour les hommes gays, bi ou queer qui rencontrent des hommes “hétéros”, “curieux”, “discrets” ou “pas dans le milieu”. Il rappelle qu’une pratique sexuelle ne garantit pas une disponibilité romantique, une identité assumée ou une place dans une communauté LGBTQ+.

Cela peut éviter des malentendus, mais aussi des blessures.

Ce que cela change dans les rencontres entre hommes

Dans les rencontres entre hommes, la différence entre pratique, identité et intention est essentielle.

Un homme peut vouloir :

  • discuter ;
  • expérimenter ;
  • garder une discrétion totale ;
  • vivre une rencontre ponctuelle ;
  • ne pas se définir ;
  • refuser toute romance ;
  • explorer sans sortir du cadre hétérosexuel ;
  • ou, au contraire, découvrir progressivement une autre identité.

Le plus important est la clarté.

Si vous vous identifiez comme hétéro mais cherchez des rapports avec des hommes, il est plus respectueux de ne pas promettre ce que vous ne voulez pas donner : relation, visibilité, engagement ou reconnaissance affective.

Si vous êtes gay, bi ou queer et attiré par un homme qui se dit hétéro, il est utile de vous demander :

  • Est-il honnête sur ce qu’il cherche ?
  • Respecte-t-il mes limites ?
  • Me cache-t-il par nécessité ou par mépris ?
  • Est-ce que je veux plus que ce qu’il peut offrir ?
  • Est-ce que je fantasme sur son identité hétéro ?
  • Est-ce que cette relation me fait du bien ?

Les rencontres ambiguës ne sont pas forcément mauvaises. Mais elles deviennent problématiques quand elles reposent sur le flou, la honte ou l’inégalité émotionnelle.

FAQ — Bud-sex, masculinité et identité hétérosexuelle

Quelle est la définition du bud-sex ?

Le bud-sex désigne, dans les travaux de Tony Silva, des rapports sexuels entre hommes vécus par certains hommes ruraux s’identifiant comme hétérosexuels comme compatibles avec leur masculinité et leur identité hétérosexuelle.

D’où vient le terme bud-sex ?

Le terme vient des travaux sociologiques de Tony Silva sur des hommes ruraux américains straight-identified ayant des rapports sexuels avec des hommes. Il renvoie à l’idée de rapports entre “buds”, c’est-à-dire entre copains ou hommes perçus comme semblables.

Qui est Tony Silva ?

Tony Silva est un sociologue ayant étudié les liens entre masculinité rurale, hétérosexualité déclarée et rapports sexuels entre hommes. Son article sur le bud-sex a été publié dans Gender & Society. (Sage Journals)

Le bud-sex veut-il dire que ces hommes sont gays ?

Pas nécessairement. D’un point de vue comportemental, ils ont des rapports avec des hommes. Mais dans l’étude de Silva, ils se définissent comme hétérosexuels. L’intérêt du concept est justement de comprendre cette tension entre pratique et identité.

Le bud-sex est-il une forme de bisexualité ?

Certaines personnes pourraient l’analyser comme une pratique bisexuelle ou hétéroflexible. Mais les participants de l’étude ne se définissent pas ainsi. Il faut donc distinguer l’analyse extérieure et l’auto-identification.

Quelle est la différence entre bud-sex et hétéroflexibilité ?

L’hétéroflexibilité désigne généralement une hétérosexualité dominante avec une ouverture à certaines expériences avec le même sexe. Le bud-sex est un concept plus spécifique, lié à des hommes ruraux straight-identified et à une construction particulière de la masculinité.

Pourquoi parle-t-on de masculinité rurale ?

Parce que l’étude de Silva analyse comment certains hommes ruraux construisent une masculinité compatible avec leur identité hétérosexuelle malgré des rapports sexuels avec des hommes. Le contexte rural, la discrétion et les normes de virilité y jouent un rôle central.

Pourquoi ces hommes choisissent-ils des partenaires masculins et discrets ?

Dans l’analyse de Silva, certains participants semblent préférer des partenaires qu’ils perçoivent comme masculins, discrets ou similaires à eux. Cela peut leur permettre de maintenir une distance avec les identités gays visibles.

Le bud-sex implique-t-il une attirance romantique ?

Pas forcément. Dans de nombreux récits, il s’agit de sexualité sans romance déclarée. Certains hommes peuvent avoir des rapports avec des hommes sans vouloir former un couple avec un homme.

L’étude de Tony Silva est-elle représentative ?

Non, pas au sens statistique. C’est une étude qualitative reposant sur 19 hommes. Elle permet de comprendre des récits et des logiques sociales, mais pas de généraliser à tous les hommes ruraux ou hétérosexuels.

Pourquoi ce sujet intéresse-t-il les sociologues ?

Parce qu’il montre que l’identité sexuelle, les pratiques et les normes de genre ne s’alignent pas toujours simplement. Il permet aussi d’étudier comment la masculinité et l’hétérosexualité sont socialement construites.

Comment parler de bud-sex sans stigmatiser les hommes concernés ?

Il faut éviter les moqueries, les accusations automatiques ou les étiquettes imposées. On peut analyser les pratiques et les normes sociales tout en respectant l’auto-identification des personnes.

Conclusion

Le bud-sex est un concept sociologique qui permet de comprendre une zone souvent invisible de la sexualité masculine : des hommes s’identifiant comme hétérosexuels, notamment dans certains contextes ruraux, peuvent avoir des rapports sexuels avec des hommes tout en maintenant une identité hétérosexuelle.

Ce phénomène ne se comprend pas seulement par le désir. Il se comprend aussi par la masculinité, la discrétion, la ruralité, la peur de l’étiquette gay, le rejet de certains codes LGBTQ+ visibles et la séparation entre pratique sexuelle et identité.

L’intérêt du bud-sex n’est pas de décider à la place de ces hommes s’ils sont “vraiment” gays, bi ou hétéros. Il est de montrer que les catégories sexuelles sont parfois plus complexes que les mots disponibles.

Pour les personnes qui rencontrent des hommes discrets, hétéro-identifiés ou curieux, ce sujet rappelle une chose essentielle : le respect passe par la clarté. On peut respecter l’auto-identification d’une personne tout en posant ses propres limites, en demandant de l’honnêteté et en refusant les relations fondées sur la honte ou le flou.

La sexualité masculine n’est pas toujours simple. Mais elle mérite d’être pensée avec précision, respect et nuance.

Sources et références

  • Tony Silva, “Bud-Sex: Constructing Normative Masculinity among Rural Straight Men That Have Sex With Men”, Gender & Society, étude qualitative fondée sur des entretiens avec 19 hommes blancs, ruraux, straight-identified ayant des rapports avec des hommes. (Sage Journals)
  • CDC — informations sur la PrEP et la prévention du VIH, rappelant que la PrEP réduit le risque de VIH lorsqu’elle est prise comme prescrite, mais ne protège pas contre les autres IST. (CDC)
  • Santé publique France — enquête ERAS 2023 auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, utilisée pour adapter les discours et offres de prévention. (Santé publique France)

Informations éditoriales

Rédigé par : Bearwww Editorial Team
D’après : Tony Silva sociologue / sexologue / chercheur·e en sexualité ou masculinités
Dernière mise à jour : 30 avril 2026

Note éditoriale :
Cet article explique le concept de bud-sex à partir de travaux sociologiques, notamment l’étude de Tony Silva sur des hommes ruraux américains s’identifiant comme hétérosexuels tout en ayant des rapports sexuels avec des hommes. Il ne vise pas à imposer une identité sexuelle à qui que ce soit, mais à distinguer pratiques, attirances, fantasmes, normes sociales et auto-identification.

Note santé :
Cet article est informatif et sociologique. Il ne remplace pas un avis médical. Pour toute question sur le VIH, les IST, la PrEP, le TPE, le dépistage ou la prévention, consultez un professionnel de santé, un CeGIDD ou une structure spécialisée.