Aller au contenu
Home > Blog > Guide complet de la PrEP en France (2026) : accès, remboursement et suivi médical

Guide complet de la PrEP en France (2026) : accès, remboursement et suivi médical

La PrEP, ou prophylaxie pré-exposition au VIH, est un traitement préventif destiné aux personnes qui n’ont pas le VIH, mais qui peuvent y être exposées. Lorsqu’elle est prise correctement et accompagnée d’un suivi médical, elle réduit très fortement le risque d’acquisition du VIH.

En 2026, la PrEP n’est plus réservée aux services hospitaliers spécialisés. Sa forme orale peut être prescrite par tous les médecins, y compris les médecins généralistes. En outre, une évolution majeure est intervenue en mars 2026 avec la commercialisation en France de la PrEP injectable à longue durée d’action par cabotégravir, administrée tous les deux mois après une phase de démarrage. (Haute Autorité de Santé)

La référence clinique française en vigueur en 2026 reste la recommandation nationale mise en ligne par la Haute Autorité de santé en août 2024, puis validée en février 2025. Elle a été complétée, sur le plan pratique et administratif, par l’arrivée et le remboursement de la PrEP injectable en 2026. (Haute Autorité de Santé)

illustration médicale présentant les trois modalités disponibles  PrEP orale continue, PrEP orale 2-1-1 et PrEP injectable
illustration médicale présentant les trois modalités disponibles PrEP orale continue, PrEP orale 2-1-1 et PrEP injectable

La PrEP en quelques réponses

QuestionRéponse essentielle
Qui peut prescrire la PrEP orale ?Tout médecin, généraliste ou spécialiste
Où la demander ?Cabinet médical, CeGIDD, service hospitalier ou centre de santé sexuelle
Le médicament est-il remboursé ?Oui, à 100 % par l’Assurance Maladie
Existe-t-il plusieurs schémas ?Oui : continu, à la demande pour certains publics, ou injectable
Faut-il un test VIH avant de commencer ?Oui, impérativement
La PrEP protège-t-elle des autres IST ?Non
Un suivi est-il obligatoire ?Oui, à un mois puis régulièrement
Une téléconsultation est-elle possible ?Oui dans certaines situations, mais les analyses restent indispensables
Peut-on acheter la PrEP sans ordonnance ?Non
Est-elle réservée aux hommes gays ?Non, elle peut être proposée à toute personne suffisamment exposée au VIH

Qu’est-ce que la PrEP ?

La PrEP consiste à administrer des médicaments antirétroviraux avant une éventuelle exposition au VIH. Leur présence dans l’organisme empêche le virus d’accomplir certaines étapes indispensables à son installation.

La forme orale de première intention associe deux molécules :

  • le ténofovir disoproxil fumarate, ou TDF ;
  • l’emtricitabine, ou FTC.

Cette association est commercialisée sous le nom de Truvada et, surtout, sous plusieurs formes génériques. La HAS la considère comme le traitement de première intention en raison de son efficacité, de son recul d’utilisation et de sa tolérance généralement favorable. (Haute Autorité de Santé)

La forme injectable utilise le cabotégravir à libération prolongée. Elle agit sur une autre étape du cycle du VIH et maintient une concentration protectrice pendant plusieurs semaines. En France, elle constitue principalement une alternative lorsque la PrEP orale est contre-indiquée, difficile à prendre correctement ou inadaptée à la situation de la personne. (Haute Autorité de Santé)

Ce que la PrEP protège — et ce qu’elle ne protège pas

La PrEP prévient uniquement l’acquisition du VIH. Elle ne protège pas contre :

  • la syphilis ;
  • les infections à gonocoque ou à Chlamydia ;
  • les hépatites virales autres que l’effet thérapeutique du TDF/FTC sur l’hépatite B ;
  • les infections à papillomavirus ;
  • la grossesse.

Elle s’inscrit donc dans une stratégie de prévention diversifiée comprenant, selon les besoins, les préservatifs, le dépistage régulier, les vaccinations, le traitement post-exposition et la réduction des risques liés au matériel d’injection. (Haute Autorité de Santé)

Par ailleurs, une personne vivant avec le VIH et suivant efficacement son traitement ne transmet pas le virus par voie sexuelle lorsque sa charge virale reste indétectable. Dans un couple exclusif sans autre exposition, la HAS ne retient pas d’indication à la PrEP pour le partenaire séronégatif lorsque cette indétectabilité est durablement contrôlée. (Haute Autorité de Santé)

À qui la PrEP peut-elle être proposée ?

La PrEP n’est pas réservée à une orientation sexuelle, un genre ou un mode de vie déterminé. La décision doit reposer sur une évaluation individualisée du risque actuel ou prévisible.

Elle peut notamment être pertinente pour une personne qui :

  • connaît des expositions répétées au VIH ;
  • utilise difficilement ou irrégulièrement les préservatifs ;
  • a eu plusieurs traitements post-exposition ;
  • a récemment reçu un diagnostic d’IST ;
  • a des partenaires dont le statut ou la charge virale ne sont pas connus ;
  • partage du matériel d’injection ;
  • exerce le travail du sexe dans un contexte d’exposition ;
  • a un partenaire récemment diagnostiqué avec le VIH, dans l’attente de l’obtention d’une charge virale indétectable ;
  • souhaite simplement disposer d’un outil préventif supplémentaire face à un risque réel.

La HAS demande que la décision soit prise conjointement avec le patient, sans exiger qu’il appartienne à une catégorie prédéfinie. Elle recommande notamment d’élargir l’accès au-delà des hommes ayant des relations avec des hommes, qui constituent encore la majorité des utilisateurs recensés. (Haute Autorité de Santé)

Comment obtenir une prescription de PrEP en 2026 ?

Consulter un médecin généraliste

Depuis juin 2021, tout médecin peut initier et renouveler une PrEP orale. En pratique, les médecins généralistes représentent désormais la grande majorité des prescripteurs exerçant en ville. (L’Assurance Maladie)

Vous n’êtes pas obligé de consulter un infectiologue. Toutefois, tous les généralistes ne sont pas également familiarisés avec la PrEP. Lors de la prise de rendez-vous, il peut être utile de préciser que vous souhaitez une « consultation PrEP ou de prévention du VIH ».

Un médecin qui ne maîtrise pas suffisamment le traitement devrait vous orienter plutôt que rejeter la demande sans évaluation.

Se rendre dans un CeGIDD

Les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic, ou CeGIDD, constituent une solution particulièrement utile lorsque vous :

  • n’avez pas de médecin traitant ;
  • souhaitez un accompagnement spécialisé ;
  • rencontrez des difficultés financières ;
  • avez besoin de confidentialité ;
  • êtes mineur ;
  • souhaitez regrouper prescription et dépistages.

Les CeGIDD proposent gratuitement des consultations ou dépistages selon leur organisation locale. La HAS souligne également qu’ils permettent aux mineurs d’éviter l’apparition d’actes facturés sur les décomptes d’Assurance Maladie de leurs parents. (Service Public)

Les délais et prestations varient toutefois d’un centre à l’autre. Il convient donc de vérifier si la structure réalise la primo-prescription, les renouvellements et la délivrance du traitement.

Consulter un service hospitalier ou un centre de santé sexuelle

Les services de maladies infectieuses, les centres de santé sexuelle et certains centres communautaires peuvent également prescrire et suivre la PrEP. AIDES tient notamment une ressource d’orientation recensant différents lieux d’accès. (Aides)

Ces structures sont particulièrement adaptées aux situations complexes : insuffisance rénale, hépatite B chronique, suspicion d’infection récente par le VIH, interactions médicamenteuses ou difficultés importantes d’observance.

Peut-on obtenir la PrEP par téléconsultation ?

Une consultation à distance peut permettre d’évaluer la demande, de prescrire les analyses et, lorsque le médecin dispose de suffisamment d’informations, de réaliser une prescription. Une téléconsultation autorise en effet le professionnel à établir les prescriptions qu’il juge médicalement pertinentes. (Haute Autorité de Santé)

Néanmoins, une « PrEP 100 % en ligne » ne signifie pas une PrEP sans contrôle médical. Avant l’initiation, il faut disposer d’un résultat VIH récent, vérifier la fonction rénale et examiner les éventuels symptômes d’IST ou de primo-infection.

Le médecin peut donc demander :

  • une première consultation en présentiel ;
  • des analyses avant la téléconsultation ;
  • un examen clinique complémentaire ;
  • une consultation physique en cas de symptôme.

Les téléconsultations suivent par ailleurs les mêmes règles de remboursement que les consultations médicales ordinaires. Elles sont généralement prises en charge à 70 % du tarif conventionnel, avant intervention éventuelle de la complémentaire santé. (Ameli)

La PrEP injectable exige nécessairement des rendez-vous physiques pour les injections.

Quel est le remboursement de la PrEP en 2026 ?

La PrEP orale est prise en charge à 100 %

Truvada et ses génériques utilisés comme PrEP sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. Cette prise en charge existe depuis 2016. (L’Assurance Maladie)

La dispense du médicament en pharmacie ne doit donc pas laisser de ticket modérateur lorsqu’il est correctement prescrit dans l’indication PrEP.

La PrEP injectable est également remboursée à 100 %

Depuis février-mars 2026, Apretude, sous forme de cabotégravir injectable à longue durée d’action, est inscrit sur la liste des médicaments remboursables. La participation de l’assuré a été supprimée pour son utilisation en PrEP chez les adultes et adolescents pesant au moins 35 kg et présentant un haut risque d’acquisition du VIH. (Légifrance)

La Base de données publique des médicaments indique un taux de remboursement de 100 % pour la forme injectable comme pour les comprimés de cabotégravir éventuellement utilisés dans son parcours. (Base de Données Publique des Médicaments)

Attention : « PrEP remboursée à 100 % » ne signifie pas tous les soins gratuits

La prise en charge à 100 % vise le médicament. Les consultations médicales, téléconsultations et analyses suivent généralement les règles habituelles de l’Assurance Maladie, sauf dispositif particulier, complémentaire santé ou consultation en CeGIDD.

Ainsi :

  • une consultation de ville peut laisser un ticket modérateur ou un dépassement ;
  • certaines analyses sont remboursées selon les conditions ordinaires ;
  • le dépistage du VIH est pris en charge à 100 % ;
  • « Mon test IST » permet un accès sans ordonnance à plusieurs dépistages, avec une prise en charge complète pour les moins de 26 ans et des règles différentes après cet âge ;
  • les CeGIDD constituent la principale solution gratuite. (Service Public)
un encadré graphique distinguant clairement : médicament remboursé à 100 %, consultations de droit commun et parcours gratuit en CeGIDD
un encadré graphique distinguant clairement : médicament remboursé à 100 %, consultations de droit commun et parcours gratuit en CeGIDD

La première consultation PrEP

La consultation initiale ne doit pas être un interrogatoire ni un jugement sur la vie personnelle. Elle sert à vérifier que la PrEP est adaptée et qu’elle peut être commencée sans danger.

Le médecin aborde généralement :

  • les expositions passées et prévisibles ;
  • les moyens de prévention déjà utilisés ;
  • les antécédents rénaux, osseux ou hépatiques ;
  • les traitements et compléments alimentaires pris ;
  • les symptômes récents pouvant évoquer une infection par le VIH ;
  • les antécédents d’IST ;
  • les vaccinations ;
  • la possibilité d’une grossesse ;
  • les difficultés éventuelles à prendre un comprimé quotidien ;
  • le choix entre schéma continu, intermittent ou injectable.

La HAS recommande également de profiter de cette consultation pour aborder, lorsque cela est pertinent, la santé mentale, les violences, la contraception, les consommations de produits psychoactifs et les besoins d’accompagnement communautaire. (Haute Autorité de Santé)

Quels examens faut-il réaliser avant de commencer ?

Les trois éléments systématiques

La HAS prévoit systématiquement :

  1. une sérologie VIH ;
  2. une évaluation de la fonction rénale, notamment par le débit de filtration glomérulaire ;
  3. un dosage des ALAT, enzymes utilisées pour évaluer le foie. (Haute Autorité de Santé)

Pour la PrEP orale, le résultat VIH doit dater de moins de 15 jours. Pour la PrEP injectable, une recherche de l’ARN du VIH, appelée charge virale, est également recommandée dans les sept jours précédant l’initiation. (Haute Autorité de Santé)

Les examens adaptés au profil

Selon les antécédents, les vaccinations et les types d’exposition, le bilan peut également comprendre :

  • hépatite B : antigène HBs, anticorps anti-HBs et anti-HBc ;
  • hépatite C : sérologie ou recherche d’ARN si une sérologie était déjà positive ;
  • hépatite A : recherche des anticorps IgG ;
  • syphilis ;
  • PCR pour le gonocoque et Chlamydia ;
  • prélèvements pharyngés, urinaires, vaginaux ou anaux selon les sites exposés ;
  • test de grossesse lorsque cela est pertinent. (Haute Autorité de Santé)

Un prélèvement réalisé au mauvais endroit peut manquer une infection. Les sites à tester doivent donc être choisis à partir des pratiques réelles, sans supposition fondée sur l’identité ou l’orientation sexuelle.

Pourquoi faut-il impérativement exclure le VIH ?

La PrEP contient trop peu de molécules pour traiter une infection par le VIH déjà installée. L’utiliser seule dans cette situation pourrait favoriser l’apparition de résistances.

Informez rapidement le médecin si, dans les semaines précédentes, vous avez présenté après une exposition :

  • fièvre ;
  • fatigue inhabituelle ;
  • ganglions ;
  • éruption ;
  • douleurs musculaires ;
  • mal de gorge ;
  • diarrhée ;
  • sueurs nocturnes.

Ces symptômes ne prouvent pas une infection par le VIH, mais peuvent conduire à reporter la PrEP et à effectuer une charge virale. (Base de Données Publique des Médicaments)

PrEP orale continue : comment la prendre ?

La HAS recommande de commencer le schéma continu par :

  • deux comprimés pris ensemble lors de la première prise ;
  • puis un comprimé chaque jour, idéalement à une heure relativement régulière. (Haute Autorité de Santé)

Le traitement doit ensuite être poursuivi sans interruption pendant toute la période d’exposition.

Pour l’arrêt :

  • les hommes cisgenres et personnes trans ayant uniquement des expositions anales poursuivent un comprimé par jour pendant les deux jours suivant la dernière exposition ;
  • les autres personnes doivent poursuivre pendant sept jours après la dernière exposition. (Haute Autorité de Santé)

Le schéma continu est généralement le plus simple lorsque :

  • les expositions sont fréquentes ou imprévisibles ;
  • il est difficile d’anticiper deux heures à l’avance ;
  • la personne préfère intégrer un comprimé à sa routine ;
  • il existe une hépatite B chronique ;
  • il existe des expositions vaginales ;
  • une femme trans suit un traitement hormonal féminisant, situation pour laquelle la HAS préfère le schéma continu en raison d’incertitudes pharmacologiques. (Haute Autorité de Santé)

PrEP à la demande : comprendre le schéma 2-1-1

Le schéma dit 2-1-1 est un schéma intermittent. Il ne doit pas être appliqué par toutes les personnes.

Le calendrier exact

Pour une exposition isolée :

  1. prendre deux comprimés ensemble, entre 2 et 24 heures avant l’exposition prévue ;
  2. prendre un comprimé environ 24 heures après la première prise ;
  3. prendre un dernier comprimé environ 24 heures plus tard. (Haute Autorité de Santé)

Exemple :

  • vendredi à 20 h : deux comprimés ;
  • samedi à 20 h : un comprimé ;
  • dimanche à 20 h : un comprimé.

Si les expositions se poursuivent pendant plusieurs jours, il faut continuer à prendre un comprimé toutes les 24 heures, puis conserver deux prises après la dernière exposition.

 infographie médicale claire expliquant le schéma 2-1-1 sur une ligne du temps
infographie médicale claire expliquant le schéma 2-1-1 sur une ligne du temps

Qui peut utiliser le schéma à la demande ?

La recommandation française le réserve :

  • aux hommes cisgenres ;
  • aux personnes transgenres ayant exclusivement des expositions anales ;
  • sans hépatite B chronique. (Haute Autorité de Santé)

Il n’est pas recommandé pour les expositions vaginales, car les données pharmacologiques ne permettent pas de garantir la même rapidité d’obtention d’une concentration protectrice.

Il n’est pas non plus adapté lorsqu’une exposition ne peut pas être anticipée au moins deux heures avant.

Pourquoi le 2-1-1 est-il déconseillé en cas d’hépatite B chronique ?

Le ténofovir et l’emtricitabine agissent également contre le virus de l’hépatite B. Les démarrages et arrêts répétés peuvent donc provoquer une reprise de l’activité virale et, dans certains cas, une inflammation hépatique importante.

Une personne porteuse chronique du VHB peut recevoir du TDF/FTC, mais uniquement selon un schéma continu, avec une stratégie d’arrêt discutée avec un médecin. (Haute Autorité de Santé)

Continu ou 2-1-1 : comment choisir ?

CritèreSchéma continuSchéma 2-1-1
Expositions imprévisiblesAdaptéPeu adapté
Expositions occasionnelles et planifiablesPossibleSouvent pratique
Expositions vaginalesRecommandéNon recommandé
Hépatite B chroniquePossible sous suiviContre-indiqué
Difficulté à mémoriser un calendrierRoutine quotidienne plus simpleRisque d’erreur plus élevé
Exposition fréquente plusieurs joursSimplePeut devenir presque quotidien
Volonté de réduire le nombre de comprimésMoins favorableFavorable si expositions rares
Prise à la dernière minuteDose initiale nécessaireMinimum deux heures avant

Le meilleur schéma n’est pas celui qui comporte le moins de comprimés, mais celui que la personne peut suivre correctement.

La grande nouveauté 2026 : la PrEP injectable

Comment fonctionne-t-elle ?

Apretude contient du cabotégravir à libération prolongée. Le médicament est injecté dans un muscle fessier par un professionnel de santé.

Le calendrier recommandé comprend :

  • une première injection au mois 0 ;
  • une deuxième injection un mois plus tard ;
  • puis une injection tous les deux mois : M3, M5, M7, etc.

Une marge d’environ sept jours avant ou après la date prévue peut être utilisée selon l’avis de l’équipe médicale. (Haute Autorité de Santé)

À qui est-elle principalement destinée ?

La PrEP injectable peut être envisagée lorsque :

  • le TDF/FTC est contre-indiqué ;
  • la fonction rénale est insuffisante ;
  • la prise régulière de comprimés est difficile ;
  • la conservation ou la discrétion des comprimés pose problème ;
  • les schémas oraux ne peuvent pas être suivis de manière fiable.

La HAS la classe globalement en deuxième intention, mais la recommande préférentiellement lorsque l’insuffisance rénale empêche l’utilisation du TDF/FTC. (Haute Autorité de Santé)

Le ministère précise que la prescription en ville est ouverte aux médecins expérimentés dans la prise en charge du VIH et invite les professionnels souhaitant la proposer à s’appuyer sur leur CoReSS, structure régionale de coordination en santé sexuelle. (Santé.gouv)

Pourquoi le suivi VIH est-il particulièrement strict ?

Le cabotégravir reste présent très longtemps dans l’organisme. Après un arrêt, des concentrations trop faibles pour protéger mais encore mesurables peuvent persister jusqu’à environ douze mois.

Si une infection par le VIH survient pendant cette « traîne pharmacologique », des résistances à la famille des inhibiteurs de l’intégrase peuvent apparaître. Un relais par une autre prévention et un suivi virologique prolongé sont donc indispensables en cas d’arrêt. (Haute Autorité de Santé)

Effets secondaires de la PrEP orale

La plupart des utilisateurs tolèrent bien le TDF/FTC. Dans les études de PrEP, aucun nouveau signal de sécurité majeur n’a été identifié par rapport à l’expérience déjà acquise avec ces molécules. (Base de Données Publique des Médicaments)

Effets précoces possibles

Au début du traitement, certaines personnes signalent :

  • nausées ;
  • diarrhée ou gêne digestive ;
  • maux de tête ;
  • fatigue ;
  • vertiges.

Ces manifestations sont souvent modérées et transitoires. Les prendre au sérieux ne signifie pas les dramatiser : lorsqu’elles persistent, gênent l’alimentation ou s’aggravent, il faut en parler au médecin ou au pharmacien. (Base de Données Publique des Médicaments)

Fonction rénale

Le ténofovir est principalement éliminé par les reins. Une augmentation de la créatinine ou une atteinte des cellules tubulaires rénales est possible, mais demeure peu fréquente dans un parcours de PrEP correctement surveillé.

Le TDF/FTC est contre-indiqué lorsque le débit de filtration glomérulaire est inférieur à 50 mL/min/1,73 m². Entre 50 et 60, un schéma intermittent peut être préféré lorsque celui-ci est par ailleurs indiqué ; un traitement continu nécessite une surveillance renforcée. (Haute Autorité de Santé)

Densité osseuse

Une diminution modérée de la densité minérale osseuse peut se produire sous ténofovir. Les complications sévères sont rares, mais les antécédents de fragilité osseuse, de fractures, d’ostéoporose ou de troubles rénaux doivent être signalés. (Haute Autorité de Santé)

Un examen de densité osseuse n’est pas systématique pour toutes les personnes. Il peut être discuté lorsqu’il existe des facteurs de risque particuliers.

Effets secondaires de la PrEP injectable

Les effets les plus fréquents du cabotégravir injectable sont les réactions au point d’injection :

  • douleur ou sensibilité ;
  • petite induration ;
  • gonflement ;
  • rougeur ;
  • nodule local.

Des maux de tête, diarrhées et augmentations des transaminases ont également été observés. Dans les études, les réactions locales étaient généralement légères ou modérées et avaient tendance à diminuer au fil des injections. (European Medicines Agency (EMA))

Une éruption étendue, des cloques, une atteinte des muqueuses, un gonflement du visage ou des difficultés respiratoires nécessitent une prise en charge urgente.

Interactions avec les autres médicaments

Avant une prescription, signalez tous les traitements pris, y compris les médicaments sans ordonnance, compléments et produits utilisés occasionnellement.

TDF/FTC et fonction rénale

La prudence est particulièrement importante avec les médicaments pouvant affecter les reins. Le résumé des caractéristiques du produit mentionne notamment certains anti-infectieux et les anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Des prises ponctuelles d’ibuprofène ne provoquent pas automatiquement une complication. Cependant, les fortes doses, l’association de plusieurs anti-inflammatoires ou leur utilisation prolongée doivent être discutées, surtout en présence d’une maladie rénale ou d’autres facteurs de risque. (Base de Données Publique des Médicaments)

Cabotégravir injectable

Certains médicaments qui accélèrent fortement le métabolisme du cabotégravir peuvent en diminuer la concentration. Le prescripteur doit notamment vérifier les traitements antiépileptiques, antituberculeux et certains produits à base de plantes.

Il ne faut donc jamais commencer ou arrêter un traitement régulier sans signaler l’utilisation d’Apretude.

À quoi ressemble le suivi médical ?

Rendez-vous à un mois

La HAS recommande une consultation environ un mois après le début afin de contrôler :

  • la tolérance ;
  • la bonne compréhension du schéma ;
  • la fonction rénale lorsque nécessaire ;
  • la sérologie VIH ;
  • les difficultés de prise ;
  • les symptômes d’IST. (Haute Autorité de Santé)

Ce test VIH précoce permet notamment de détecter une infection qui aurait pu être encore invisible lors du bilan initial.

Puis tous les deux à six mois

Le suivi trimestriel reste très fréquent, particulièrement lorsque les expositions ou les IST sont régulières. Cependant, la recommandation actuelle permet une adaptation entre deux et six mois selon :

  • le type de PrEP ;
  • la fréquence des expositions ;
  • les résultats rénaux ;
  • les besoins de dépistage ;
  • la capacité à prendre correctement le traitement ;
  • les contraintes personnelles. (Haute Autorité de Santé)

Chaque suivi peut comprendre :

  • sérologie VIH ;
  • créatinine et estimation du DFG ;
  • dépistages d’IST adaptés aux sites exposés ;
  • contrôle des hépatites selon le statut ;
  • renouvellement de l’ordonnance ;
  • point sur les vaccinations ;
  • discussion sur la poursuite, l’arrêt ou le changement de schéma.

Suivi spécifique de la PrEP injectable

Pour le cabotégravir, la HAS propose une charge virale VIH :

  • à M1 ;
  • tous les deux mois jusqu’à la cinquième injection, à M7 ;
  • puis tous les quatre mois. (Haute Autorité de Santé)

Les injections, quant à elles, restent programmées tous les deux mois.

 calendrier médical indiquant le bilan initial, M1, puis les consultations et analyses de suivi
calendrier médical indiquant le bilan initial, M1, puis les consultations et analyses de suivi

Que faire en cas d’oubli ?

Oubli sous PrEP quotidienne

La réponse dépend :

  • du nombre de comprimés oubliés ;
  • du moment de l’oubli ;
  • du type d’exposition ;
  • de la date de la dernière exposition ;
  • de la régularité des prises précédentes.

Ne doublez pas les doses au hasard. Prenez conseil rapidement auprès du prescripteur, d’un CeGIDD ou d’un pharmacien connaissant la PrEP.

Erreur dans le schéma 2-1-1

La première double prise, réalisée avant l’exposition, est essentielle. Une prise commencée seulement après l’exposition ne constitue pas un schéma 2-1-1 correct.

En cas de dose oubliée ou tardive après une exposition, contactez sans attendre un service d’urgence, un CeGIDD ou Sida Info Service afin d’évaluer l’intérêt d’un traitement post-exposition.

Le TPE doit être commencé le plus rapidement possible, idéalement dans les quatre heures et au plus tard dans les 48 heures suivant l’exposition. (Ameli)

Retard d’injection

Un rendez-vous d’Apretude peut être déplacé dans une fenêtre limitée autour de la date prévue. Au-delà, un relais oral temporaire ou une nouvelle dose de charge peut être nécessaire.

La HAS recommande de recommencer les deux injections de charge espacées d’un mois lorsque le délai depuis la dernière injection dépasse trois mois. (Haute Autorité de Santé)

Contactez l’équipe médicale dès que vous savez que vous ne pourrez pas respecter la date, plutôt que d’attendre le rendez-vous suivant.

Peut-on arrêter et reprendre la PrEP ?

Oui. La PrEP peut accompagner une période de vie et être interrompue lorsque le risque disparaît. Elle n’est pas nécessairement un traitement à vie.

Cependant, l’arrêt doit respecter les doses finales :

  • deux jours de prise après la dernière exposition pour les hommes cisgenres et personnes trans ayant des expositions anales ;
  • sept jours pour les autres personnes ;
  • avis spécialisé impératif en cas d’hépatite B chronique. (Haute Autorité de Santé)

Avant une reprise après une interruption, un nouveau dépistage VIH est nécessaire. En cas d’exposition récente ou de symptômes, une charge virale peut également être demandée.

Pour l’injectable, l’arrêt doit toujours être préparé en raison de la longue persistance du produit.

Situations particulières

Hépatite B

Le TDF/FTC traite également le VHB. Une personne atteinte d’hépatite B chronique peut donc recevoir une PrEP orale continue, mais son arrêt doit être médicalement surveillé afin d’éviter une poussée d’hépatite. (Haute Autorité de Santé)

La sérologie complète réalisée au départ permet aussi de savoir si une vaccination contre l’hépatite B est nécessaire.

Insuffisance rénale

En dessous d’un DFG de 50 mL/min/1,73 m², le TDF/FTC est contre-indiqué. Le cabotégravir injectable peut alors représenter une solution, y compris en présence d’une insuffisance rénale sévère. (Haute Autorité de Santé)

Grossesse et allaitement

La grossesse et l’allaitement ne constituent pas une contre-indication à la PrEP orale par TDF/FTC lorsqu’une prévention du VIH est nécessaire. La HAS recommande un schéma continu et indique que le traitement peut être utilisé pendant l’allaitement sans surveillance spécifique de l’enfant. (Haute Autorité de Santé)

Cette décision doit néanmoins être intégrée au suivi obstétrical et médical global.

Personnes transgenres

La PrEP peut être prescrite indépendamment de l’identité de genre.

Le schéma 2-1-1 peut être utilisé par les personnes trans ayant uniquement des expositions anales. En présence d’expositions vaginales, le schéma continu est recommandé.

Chez les femmes trans suivant un traitement hormonal féminisant, la HAS privilégie également le continu en raison d’incertitudes sur les interactions pharmacologiques et l’obtention de concentrations suffisamment protectrices. (Haute Autorité de Santé)

Mineurs

Une PrEP peut être envisagée chez un mineur exposé au VIH après une évaluation médicale adaptée, incluant la recherche de violences, de contraintes ou de situations de danger.

Pour préserver la confidentialité vis-à-vis des parents, le CeGIDD constitue actuellement le parcours le plus approprié, car le suivi peut y être organisé sans facturation apparaissant sur les décomptes familiaux. (Haute Autorité de Santé)

Vaccinations et prévention globale

Une consultation PrEP est également l’occasion de vérifier les vaccinations.

La HAS recommande notamment :

  • la vaccination contre l’hépatite B en l’absence d’immunité ;
  • la vaccination contre l’hépatite A chez les hommes ayant des relations avec des hommes ;
  • la vaccination HPV dans les conditions prévues par l’Assurance Maladie ;
  • la vaccination contre le mpox pour les personnes correspondant aux recommandations en vigueur. (Haute Autorité de Santé)

Les indications peuvent évoluer. Le calendrier vaccinal et la situation individuelle doivent donc être vérifiés au moment de la consultation.

Checklist pratique avant de commencer

Avant le premier comprimé ou la première injection, vérifiez que vous disposez de :

  • votre résultat VIH récent ;
  • votre bilan rénal ;
  • vos résultats concernant les hépatites ;
  • la liste complète de vos médicaments ;
  • un schéma de prise écrit ;
  • les coordonnées à contacter en cas d’oubli ;
  • la date du rendez-vous à un mois ;
  • une ordonnance ou un accès organisé à la pharmacie ;
  • une explication précise des modalités d’arrêt.

Pour le 2-1-1, conservez une représentation visuelle du calendrier plutôt que de compter uniquement sur votre mémoire.

Pour l’injectable, programmez plusieurs rendez-vous en avance et activez un rappel récurrent.

Questions fréquentes

La PrEP est-elle efficace dès le premier comprimé ?

La recommandation française utilise une dose de charge de deux comprimés. Néanmoins, la protection dépend du schéma, de l’anticipation de l’exposition et du type d’exposition. Ne considérez pas une prise isolée improvisée comme protectrice.

Puis-je prendre la PrEP seulement après une exposition ?

Non. La PrEP doit être présente avant l’exposition. Après une exposition non couverte, il faut évaluer rapidement un traitement post-exposition.

Dois-je prendre Truvada ou un générique ?

Les génériques contiennent les mêmes substances actives et sont les formes le plus souvent délivrées. Le pharmacien peut substituer le produit dans les conditions réglementaires.

Faut-il manger avec le comprimé ?

Les notices recommandent, dans la mesure du possible, de prendre l’association emtricitabine–ténofovir disoproxil avec de la nourriture. Une habitude liée à un repas peut également faciliter la régularité. (Base de Données Publique des Médicaments)

La PrEP entraîne-t-elle une prise de poids ?

La prise de poids n’est pas considérée comme l’un des effets caractéristiques majeurs du TDF/FTC utilisé en PrEP. Une variation pondérale peut avoir de nombreuses causes et mérite une évaluation globale lorsqu’elle est importante ou rapide.

Faut-il utiliser un préservatif sous PrEP ?

La PrEP protège du VIH mais pas des autres IST ni d’une grossesse. Le préservatif reste donc utile selon les objectifs et la situation de chaque personne. (Ameli)

Un médecin peut-il refuser de prescrire ?

Un médecin peut estimer qu’un bilan manque, qu’une contre-indication existe ou qu’un avis spécialisé est nécessaire. En revanche, la demande doit être évaluée sans discrimination. Une orientation vers un CeGIDD ou un confrère expérimenté est préférable à un refus non expliqué.

Où trouver rapidement une structure ?

Un médecin généraliste, un CeGIDD, un service d’infectiologie ou un centre de santé sexuelle peut vous orienter. Sida Info Service est également accessible au 0 800 840 800, de manière anonyme et gratuite. (Ameli)

La PrEP en 2026 : davantage de choix, mais toujours un suivi

La PrEP française a profondément évolué.

La prescription en ville a facilité l’accès au TDF/FTC. Le schéma 2-1-1 permet à certains publics d’adapter les prises à des expositions occasionnelles. Enfin, l’arrivée du cabotégravir injectable en mars 2026 apporte une solution supplémentaire aux personnes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas dépendre d’un comprimé.

Cependant, aucune de ces modalités ne fonctionne comme une simple ordonnance renouvelée sans contrôle.

La sécurité de la PrEP repose sur quatre piliers :

  1. vérifier l’absence d’infection par le VIH ;
  2. choisir un schéma adapté aux expositions réelles ;
  3. respecter les prises ou les dates d’injection ;
  4. maintenir le suivi VIH, rénal et IST.

Le bon traitement n’est donc pas nécessairement le plus récent. C’est celui qui associe efficacité, tolérance, accessibilité et possibilité d’être suivi correctement dans la durée.

Sources et méthodologie

Ce dossier a été actualisé le 13 juillet 2026 à partir :

  • de la recommandation nationale de la Haute Autorité de santé sur le traitement pré-exposition du VIH ;
  • des données de l’Assurance Maladie concernant la prescription, l’utilisation et le remboursement de la PrEP ;
  • du communiqué du ministère de la Santé sur l’arrivée d’Apretude en France ;
  • des arrêtés publiés au Journal officiel concernant son remboursement ;
  • de la Base de données publique des médicaments ;
  • des résumés des caractéristiques des produits TDF/FTC et cabotégravir ;
  • de l’évaluation réglementaire de l’Agence européenne des médicaments ;
  • des ressources de Service-Public.fr et d’AIDES concernant l’accès au dépistage et aux structures.

Les recommandations nationales peuvent évoluer. Les posologies présentées ne doivent pas être utilisées pour commencer, arrêter ou modifier seul un traitement.

À propos de l’auteur

Alain VEST spécialiste des questions LGBTQ+.